Préface/Annexes:
Traduit de l'ancien français par Claire Debru
Année:
2009
Prix:
€ 3,00
Extraits (Pdf)
Ultra violence, chairs éventrées, bourreau triomphant... Fatigué, mais pas encore rassasié du spectacle d’une bonne boucherie ? Si l’amateur de gore veut bien adopter pour devise lassatus sed nondum satiatus, le fabliau de La dame écouillée lui en donnera pour son argent.
Ça commence par une histoire d’amour, et ça finit dans le sang et les organes arrachés. De la dame écouillée est le miroir inversé d’un conte de fées : enfin, on y voit que l’héroïne est une idiote, la belle-mère une garce, et le “prince charmant” un parfait sadique. Aucun texte misogyne n’a atteint un tel niveau de violence. D’un radicalisme absolu, ce fabliau médiéval déploie une cruauté apte à faire bondir tous les lecteurs : les féministes vont sortir leurs griffes, les petites natures tourneront de l’œil et les autres se tordront de rire, puisqu’il s’agit avant tout d’une farce.
Par nature, la femme ne tolère pas la répression et finit tôt ou tard par se libérer de la frustration que lui impose le carcan conjugal. Toute la question est de savoir comment. Or, le moyen que choisit la dame de notre fabliau est le pire, celui auquel nul pardon ne saurait être accordé. Dommage que Freud, lui, n’ait pas eu la chance de lire ce petit récit qui lui aurait fourni l’illustration idéale du complexe de castration.
Citation:
"Seigneurs, vous qui êtes mariés et qui élevez vos femmes par-dessus vous au point de les laisser vous dominer, vous ne faites que vous avilir ! Ecoutez le petit exemple composé ici pour vous. Vous ferez bien d’en tirer modèle. Vous verrez qu’il ne faut point satisfaire à tous les caprices de vos femmes, fût-ce par crainte qu’elles ne vous en aiment moins. Vous devez châtier les folles et leur apprendre qu’elles n’ont pas à tenir tête à leur maître, ni à lui commander, mais à le vénérer, l’aimer bien, lui obéir et l’honorer."
"Béni soit-il, et tous ceux qui châtient leurs mauvaises épouses. Honnis soient-ils – et ils le sont! – ceux qui se soumettent à de telles femmes. Celles qui sont bonnes, vous devez les aimer, les chérir et les récompenser. Mais que malheur et infortune s’abattent sur la vipère de sale espèce."