Né en 1892 à Berlin, Walter Benjamin s’est suicidé en 1940 à Port-Bou, alors qu’il cherchait à fuir l’invasion des troupes nazies. Relativement isolé de son vivant, il est aujourd’hui considéré comme une figure majeure de la pensée du xxe siècle, dont l’œuvre est sans doute celle qui permet le mieux de déchiffrer notre modernité.
Paris, capitale du xixe siècle compte à juste titre parmi les plus fameux écrits de Benjamin. Il est en quelque sorte l’exposé programmatique de son œuvre immense : le livre des passages. On y retrouve présentés sous une forme concise tous les thèmes de ses recherches : le flâneur, les passages, l’architecture comme concrétisation de l’idéologie d’une époque, la figure emblématique de Baudelaire, la mode, l’intérieur, etc., le tout visant à rien moins qu’à une tentative d’interprétation globale du xixe siècle et de son équivoque modernité.
64 p. 3e éd.
La Ruffianerie (Les ragionamenti, Deuxième partie, troisième journée)
Une somme qui rassemble tous les textes rédigés par ceux qui allaient fonder l’Internationale situationniste, depuis les premiers écrits de Constant dans Reflex et le Discours aux pingouins de Jorn, en passant par les rarissimes numéros de l’Internationale lettriste, les tracts, le Discours sur les passions de l’amour de Debord, jusqu’au Rapport sur la construction des situations. Un ensemble de documents, pour la plupart introuvables ailleurs, indispensables à la compréhension de ce qui allait devenir l’Internationale situationniste.
A la fois philologue, historien et philosophe, Eugenio Garin (1909-2004), est reconnu comme un des maîtres européens de l’histoire de l’Humanisme et de la Renaissance.
Ce court texte inédit offre un panorama complet de la question et dresse le tableau de toute une époque, beaucoup plus complexe que ce qu’enseignent les manuels.
Traduit de l’italien par Bertrand Schefer. 96 p.
Caïn
Byron, George (Gordon Noel, dit lord, Londres, 1788 - Missolonghi, Grèce, 1824)
Lord Byron (1788-1824) est la figure romantique par excellence. Sa vie sentimentale scandaleuse, son dandysme, son exil en Italie, ont un peu éclipsé son œuvre même, aujourd’hui injustement méconnue en France.
Caïn n’est pas une tragédie classique, mais un “mystère” métaphysique, aux tonalités baudelairiennes, où dominent les thèmes de la révolte, de la faute et de la culpabilité. Caïn est le rebelle total, le négateur de Dieu et de la nécessité même de la vie. Lucifer pour le séduire engage avec lui un grand dialogue sur les misères de la condition humaine, et l’entraîne dans un voyage fantastique à travers l’espace et le temps. Caïn finira par tuer son frère Abel, figure de la soumission à Dieu. Cette pièce tourmentée, éclaircie par quelques moments idylliques, fut encensée par Goethe et Shelley, et au xxe siècle par Tomasi di Lampedusa.
Publié en 1957 par l’Internationale situationniste, Pour la forme rassemble tous les textes écrits par Jorn entre 1954 et 1957, qui constituent une sorte de journal de bord de sa démarche expérimentale, commencée avec Cobra, poursuivie avec le Mouvement pour un Bauhaus imaginiste et dont les conclusions théoriques allaient contribuer à la naissance de l’Internationale situationniste. Ces écrits révèlent un théoricien à l’état sauvage, étranger à toutes les écoles, pour qui art et révolution étaient indissociablement liés. Violent et polémique, Jorn illumine de ses fulgurantes critiques toute l’histoire de l’art moderne. Des reproductions de Kandinsky, Pollock, Dubuffet, ou encore les fameux “plans psychogéographiques” de Debord, viennent illustrer ces thèses iconoclastes.
Parmi les milliers d’études qu’ont suscitées la personne et l’œuvre de Shakespeare, il en est certainement peu d’aussi réjouissantes que celle de Lampedusa, texte d’une conférence donnée devant quelques amis dans son palais sicilien. Par son absolue liberté de ton, son humour plein de désinvolture, son art consommé de la digression – qui s’appuient sur une connaissance et un amour profonds de l’œuvre –, l’auteur du Guépard a réussi à faire de ce bref essai l’une des meilleures invitations qui soient à la lecture de Shakespeare.
Traduit de l’italien par Monique Baccelli. 128 p.
Tchernobyl, une catastrophe
Belbéoch, Bella et Roger (Bella : Paris, 1928 & Roger : Douarnenez, 1928)
Sept ans après la catastrophe de Tchernobyl, les physiciens Bella et Roger Belbéoch ont publié ce bilan, aussi accablant par l’ampleur du nombre de victimes (passées et futures) qu’il révèle, que par sa description impitoyable de la désinformation organisée par les gouvernements pour minimiser la gravité de la catastrophe.